Cor double ou cor simple en fa : pour quel niveau

Cor d'harmonie débutant : cor simple en fa, cor simple en si bémol ou cor double fa et si bémol ? Le choix dépend de l'âge de l'élève, de son répertoire et du poids qu'il peut porter. Les repères des fiches pour décider.

Par Solène Barradeau

Kiosque à musique au bord d'une allée de platanes, deux cors d'harmonie posés pavillon contre pavillon sur un banc de bois, l'un plus compact que l'autre

Le point de départ

Le cor d'harmonie est un long tuyau enroulé sur lui-même, terminé par un large pavillon que le corniste tient en partie fermé de la main droite. Déroulé, le tube d'un cor en fa dépasse trois mètres et demi. Cette longueur donne au cor son timbre, mais elle pose une difficulté : dans l'aigu, les harmoniques naturelles se resserrent, et la note voisine sort aussi facilement que la note visée. Le corniste doit viser juste avec les lèvres, plus que sur n'importe quel autre cuivre.

Pour contourner ce problème, les facteurs ont raccourci l'instrument. Le cor en si bémol, plus court d'une quarte, place l'aigu sur des harmoniques plus espacées, donc plus sûres. Le cor double réunit les deux : une palette sous le pouce gauche fait passer l'air d'un circuit en fa à un circuit en si bémol. Le musicien joue le grave et le médium en fa, pour le timbre, et bascule en si bémol dans l'aigu, pour la sécurité. C'est l'instrument des orchestres et des conservatoires à partir du deuxième cycle.

Le cor double a un prix en poids. Il porte deux jeux de coulisses, un barillet de plus et sa tringlerie. Pour un adulte, la charge se répartit sans peine entre la main gauche et la cuisse. Pour un enfant de sept à dix ans, elle devient vite un obstacle : le bras se fatigue, la tenue se dégrade, la main droite ne reste plus correctement placée dans le pavillon. C'est la raison pour laquelle beaucoup d'écoles de musique proposent un cor simple aux plus jeunes.

Reste à choisir entre le cor simple en fa et le cor simple en si bémol. Le premier conserve le timbre et les doigtés de référence, ceux que l'élève retrouvera sur le circuit en fa du cor double. Le second facilite l'aigu et pèse un peu moins, mais impose plus tard d'apprendre les doigtés du circuit en si bémol en parallèle. Les deux écoles existent, et le conseil du professeur doit primer : il sait sur quel instrument il fait travailler ses élèves et comment se fera le passage.

Le passage au cor double arrive en général quand l'élève aborde un répertoire qui monte, entre en orchestre ou commence à jouer des parties de premier ou de troisième cor. À ce stade, l'enfant a grandi, et le poids n'est plus un frein. Acheter directement un cor double pour un adolescent qui débute peut se défendre : il évite un second achat, et les doigtés en fa restent ceux de l'apprentissage. Pour un adulte débutant, c'est même le choix le plus fréquent.

Souvent oubliée dans le choix, la main droite a pourtant son mot à dire. Le corniste place sa main dans le pavillon, doigts serrés, pour corriger la justesse et arrondir le timbre. Sur un cor trop grand pour lui, un jeune élève ne parvient pas à garder cette position sans tendre le bras, et toute la tenue s'en ressent. Avant d'acheter, faites-le s'installer assis, l'instrument posé sur la cuisse droite : si la main entre naturellement dans le pavillon et que l'embouchure arrive aux lèvres sans lever les épaules, la taille convient.

La question du compensé se pose aussi sur certains cors doubles d'étude. Un cor double compensé fait passer l'air du circuit en si bémol à travers une partie des coulisses du fa, au lieu de deux circuits indépendants. Il pèse moins lourd qu'un double complet, au prix d'un circuit en fa un peu moins libre selon une partie des cornistes. La fiche ne précise pas toujours la conception ; le nom du modèle ou la documentation du facteur l'indiquent alors. Pour un élève qui grandit, c'est une étape intermédiaire qui peut se défendre.

Les cors à pavillon dévissable méritent une mention. Le pavillon se détache du corps grâce à une bague filetée, ce qui permet de ranger l'instrument dans un étui nettement plus compact. Pour un élève qui prend le bus, un corniste qui voyage ou qui joue dans plusieurs formations, l'écart est sensible. Les fiches techniques signalent cette option sur une ligne dédiée.

Trois sujets dominent les avis d'acheteurs : la souplesse des barillets à la livraison, la tenue de la justesse sur les deux circuits du cor double et la qualité de l'étui. Ils se lisent avec prudence sur ce rayon, où la plupart des modèles réunissent peu d'avis. Un retour isolé, positif ou négatif, dit moins que la cohérence entre plusieurs.

Ce que disent les fiches techniques

  • La tonalité est donnée dans le nom ou le rayon : cor en fa, cor en si bémol, cor double fa et si bémol, les noms anglais des fabricants étant conservés tels quels dans le titre des fiches.
  • Pour le métal du corps, trois options reviennent : laiton, laiton doré (plus riche en cuivre, de teinte plus rosée) ou maillechort. Certains facteurs déclinent un même modèle dans les trois métaux.
  • Selon la marque, « pavillon dévissable » ou « pavillon amovible » précise si l'instrument se range en deux parties. Elle concerne surtout les cors doubles ; les cors simples de la sélection ont presque tous un pavillon fixe.
  • La finition et la présence d'un étui rigide ou d'une housse sont notées sur certaines fiches seulement. Vérifiez-les, car un étui de cor double est encombrant et son absence oblige à un achat séparé.
  • Rarement publié, le poids de l'instrument seul manque à la plupart des fiches. Les avis donnent parfois une idée de la tenue ; ils parlent de confort plus que de grammes.
  • Les cors de plastique existent aussi, en version double, pour la découverte et le plein air. Leur fiche indique le matériau, et l'on y trouve aussi la ligne du pavillon dévissable.
  • La gravure, les boutons des barillets et la forme de la tringlerie (à tirants ou à leviers) apparaissent parfois dans le nom ou la description. Ce sont des détails de fabrication qui pèsent moins dans un choix d'étude que la tonalité et le poids.

Huit cors à comparer

Modèles cités dans ce carnet, avec le repère qui les distingue
ModèleRepèreNotePrix constaté
Yamaha YHR-314 II F-French HornCor simple en fa, corps en laiton : les doigtés de référence sans le poids d'un double7,2/101 849 €
Thomann MHR-302 L French HornRangé parmi les cors en si bémol, vernis clair, pavillon fixe, étui fourni : le simple le plus commenté de la sélection7,0/10598 €
Hans Hoyer 702-LCor simple en si bémol en laiton, pavillon fixe : un aigu plus sûr pour un jeune élève8,2/102 499 €
Hans Hoyer 3702-LCor simple en si bémol de la gamme d'étude du même facteur, laiton, pavillon fixe7,2/102 679 €
Yamaha YHR-567 F/Bb Double HornCor double fa et si bémol en laiton, pavillon fixe : le double de conservatoire de la marque8,2/104 198 €
Hans Hoyer G10A-L1 Double HornCor double en laiton à pavillon dévissable, pour un étui plus compact6,3/106 298 €
Hans Hoyer 6801GA-L Double HornCor double en laiton doré, pavillon dévissable, le plus commenté des doubles retenus8,3/105 298 €
Dieter Otto 201 MS, F/Bb Double HornCor double fa et si bémol d'un facteur spécialisé, laiton, pavillon dévissable7,7/108 555 €

Les idées reçues

Un débutant doit forcément commencer sur un cor simple.

C'est l'usage pour les jeunes enfants, à cause du poids. Un adolescent ou un adulte peut commencer sur un cor double et jouer d'abord sur le circuit en fa : il apprend les mêmes doigtés et n'aura pas à changer d'instrument.

Le cor en si bémol est un cor au rabais.

Il est plus court et donc plus sûr dans l'aigu, ce qui explique qu'il soit apprécié des débutants et de certains premiers cors. Il a un timbre un peu moins sombre que le fa. C'est un choix d'usage, pas un niveau inférieur.

Le pavillon dévissable fragilise l'instrument.

La bague filetée est un point de plus à surveiller : elle se nettoie et se manipule sans forcer. Les avis sur les modèles dévissables parlent surtout du gain de place dans l'étui, rarement d'un problème de tenue.

Le laiton doré sonne plus chaud.

C'est un argument que les facteurs avancent et que certains cornistes confirment ; d'autres n'entendent pas de différence nette. Les fiches indiquent le métal sans mesurer son effet. Le laiton doré est en tout cas plus résistant à la corrosion que le laiton jaune.

Un cor simple ne sert plus à rien une fois le cor double acheté.

Beaucoup de cornistes gardent leur cor simple pour les défilés, le plein air ou comme instrument de dépannage, parce qu'il est plus léger et qu'un choc y coûte moins cher qu'un choc sur le double. Il peut aussi passer à un frère, une sœur ou un autre élève de la classe, ce qui prolonge sa vie bien au-delà des premières années d'apprentissage.

En trois phrases

  1. Le cor simple en fa ou en si bémol convient aux jeunes élèves, pour qui le poids d'un cor double reste un frein.
  2. Le cor double fa et si bémol devient l'instrument de référence dès que l'élève a grandi, entre en orchestre ou aborde l'aigu ; un adulte débutant peut partir directement sur lui.
  3. Lisez la tonalité, le métal et la ligne du pavillon dévissable, puis suivez le conseil du professeur sur le circuit à travailler.